Pour visualiser mon CV, cliquez sur le lien ci-dessous.
Voir mon CVParcours
Sofie Vinet, artiste plasticienne
Ma ou mes pratiques artistiques partent de là d’où je viens, de là où je vis et de ce que je suis. J’ai grandi dans une famille paysanne où l’économie se basait sur les savoir-faire de chacun.e, où le lien social, l’engagement associatif et militant étaient présents, et où le développement par la culture était encouragé. Puis mes études universitaires en Arts Plastiques, mes formations dans l’éducation populaire, mon choix de vivre en plein champ et ma vie de femme ont modelé ma vie et ma création.
Empreinte de la ruralité, ses paysages, sa population et ses codes sociaux, ma recherche artistique se nourrit du vivant et de la rencontre avec les gens. Elle tente de révéler, au sein de la communauté, l’identité et la place de chacun.e. Elle regarde ce qui se trame derrière les mots, ce qui fait société et ce qui est soin.
Mon travail est protéiforme.
Dans le silence de l’atelier ou lors des rendez-vous coiffure, je travaille des matières sobres, vivantes ou traces de. Mes matériaux portent déjà en eux une histoire : la terre et le paysage, le drap et le vêtement, la parole et le cheveu.
Les techniques et outils varient. J’ai souvent repris des gestes anciens d’une économie paysanne qui cultive des valeurs respectueuses de l’environnement ; collecter, trier, conserver, assembler, des mèches de cheveux, des chiffons rouges, des histoires de vie, des voix. Des gestes aussi dits « féminins » : entretenir, raccommoder, couturer, broder le linge et crocheter. Et puis des gestes de soin, écouter et regarder l’autre, laver et masser le cuir chevelu, tailler le cheveu, accompagner et transformer.
De l’installation paysagère de mes débuts aux portraits éphémères de Mme Filosa, en écoutant le vivant et ses forces naturelles, les cycles et le flux de vie, je passe par
les plis et replis du linge familial, dénichant au cœur des armoires, les dits et non-dits.
J’écris, je brode alors la filiation, la transmission, en tirant le fil rouge des maux et des mots du quotidien.
Dans le projet au long cours Le Cabinet de Mme Filosa, je deviens artiste / coiffeuse.
Partant du postulat que l’art est un soin, l’artiste et la coiffeuse se nourrissent mutuellement, et, au fil des ans, le soin devient art.
Face au grand miroir, je coupe, taille, modèle, colore et allège les maux du corps et de l’âme. J’acte ainsi de l’intime trans-formation de l’être en gardant trace de ce qui passe, se dérobe, tombe. J’alimente un travail plastique et anthropologique avec mes collections.
Je joue de la lisière entre le geste artistique et le geste artisanal, entre l’art et l’acte de soin.
Artiste – artisane du fil, je relie mon histoire avec le fil rouge ;
Celui du coton perlé lorsque je brodécris,
Le fil cheveu, taillé, tressé ou peloté avec de l’herbe dans un petit nid,
Le fil de soie ou de laine crocheté pour réchauffer le cœur et l’âme.
Dans la relation à l’Autre, je m’engage dans ma création comme dans un acte citoyen, transformateur social et en reliance avec la nature.
J’alterne et lie ma création personnelle à des projets artistiques participatifs.
Je vis et travaille à Nozay, en Loire-Atlantique (44), au milieu du jardin et des champs.
Mon atelier, lieu de création et de soin s’épanouit près des kiwis, cerisiers et aubépines.
Je vous y accueille avec le chant des oiseaux.
CV
Transmissions et accompagnements
Ma connaissance artistique s’est construite grâce à mon parcours universitaire, et au sein des nombreux ateliers d’arts plastiques créés et animés auprès d’enfants et d’adultes entre 1987 et 2010. Ateliers hebdomadaires ou stages au sein d’associations culturelles rurales, MJC, centres sociaux, en Loire-Atlantique et Vendée.
Très jeune, lors de ma formation BAFA, je découvre l’éducation populaire. Ce souci de partager et transmettre sera conforté en 2005 lors des formations lire écrire, de Jeunesse et Sport.
En 2000, pour recentrer mes ateliers et interventions, je créé l’atelier Racont’art, un lieu ressource pour les arts plastiques en milieu rural à Nozay.
En 1997, pour le festival Graines d’automne sur le territoire de Nozay, j’invite la population à dessiner avec moi Le Terril Point de Mire Point de Vue. C’est l’œuvre partagée fondatrice de mon parcours. Ma première « résidence ».
D’autres créations partagées et accompagnements d’adultes vers la création suivront.
Avec des groupes de femmes sur des résidences :
À Nozay en 2022 avec la Nappe Brodée, à Notre-Dame-des-Landes 2006 Coupons de Vies et dans une maison de quartier à Saint-Nazaire, 2007/2008 Femmes en Marche, Prénoms de Femmes je Brode, avec un groupe d’adultes dans un centre socioculturel La Passerelle à Mauléon 2009 Une Robe pour la Passerelle.
Lors de ces accompagnements, le travail de l’écriture et de la transformation de la matière sont liés.
En 2011, après avoir passé un CAP de coiffure, je deviens Mme Filosa artiste coiffeuse. J’ouvre alors mon atelier à la population. La transmission de ma démarche et pratique artistique se fait lors des rendez-vous coiffure et des créations partagées. Je suis alors en « résidence permanente ».
Le temps des expositions est une autre forme de transmission ; partage de l’œuvre, rencontre avec les visiteurs, et parfois animation d’ateliers de parole/écriture.
Alterner et croiser ma recherche personnelle avec une création partagée a toujours été important, lier l’identité intime de chacun.e et celle, enveloppante et porteuse de l’identité collective aussi.
J’aime un art avec et pour les gens, là où ils vivent et avec ce qu’ils sont.
Je vis l’œuvre comme lien social et comme un soin.
